À PROPOS

Je suis partie vivre dans la jungle au Cambodge puis en brousse, au Cameroun de mes 26 à 30 ans.

Quelques années plus tard, dans le tourbillon de ma vie de maman, de femme, un journaliste d’un magazine d’investigation me contacte et me pose cette question: je vois que vous avez travaillé pour la société SACFON (nom d’emprunt) et que vous êtes aujourd’hui dans l’humanitaire, est-ce possible d’échanger avec vous sur les relations que cette société a avec la population locale?

Nous nous rencontrons dans un bar à Liège un après-midi et discutons de l’expatriation, de minorités ethniques, de la place de la femme, de la maternité.

Je suis soudain prise d’un grand souffle dans un défilé d’images enfouies: les terres rouges, les Bunongs, les forêts sacrées, notre cabanon perdu dans ce village du Mondolkiri, Monsieur Pok, Sylvain, Manu, Olive. Changement de décor, le Cameroun, la musique dans la jeep conduite par Dieudonné qu’on appelait Dieu, Jacky, le lac Ossa, Titus, les singes…

Pourquoi n’ai-je plus contacté ces personnes, qui ont tellement compté pendant ces années? Comment ces paysages se sont-ils échappés de mon esprit ?

Cette discussion est devenue le point de départ de mon premier roman: Melon Rouge, écrit de janvier 2018 à janvier 2020 pour lequel je me suis donnée rendez-vous.